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Netlinking : rester cliquable à l’ère des réponses IA

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En 2025, le netlinking ne sert plus seulement à pousser une page en haut de Google. Avec les AI Overviews et autres réponses génératives, les premiers résultats organiques sont de moins en moins cliqués, même lorsqu’ils conservent leur position. Le jeu s’est déplacé : il ne s’agit plus seulement de « ranker », mais de rester visible, cité et cliqué au sein d’environnements pilotés par l’IA.

Les études récentes confirment ce basculement. GrowthSRC, Ahrefs, France-Strategies, WhitePress ou encore Accentonic montrent que la recherche devient hybride : SERP classique, modules IA, chatbots, moteurs génératifs. Pour rester cliquable, une stratégie de netlinking doit désormais intégrer ces nouveaux points de contact : AI Overviews, featured snippets, earned media et citations dans les réponses des GSE (Generative Search Engines). Cet article propose une feuille de route pour adapter votre netlinking à cette nouvelle réalité.

1. Un contexte chiffré : la chute du clic, même en position 1

Les données 2024‑2025 montrent une rupture nette. Selon une étude GrowthSRC portant sur 200 000 mots-clés en France, le CTR moyen de la position 1 est passé de 28 % à 19 % après le déploiement des AI Overviews. La position 2 est encore plus touchée, avec une perte de 39 % de CTR. Autrement dit, occuper la première place n’assure plus la captation de la majorité des clics sur une requête donnée.

Ahrefs arrive à des conclusions similaires : sur les requêtes qui déclenchent une réponse IA, le CTR de la position 1 chute de 7,3 % à 2,6 %. L’analyse attribue environ 34,5 % des clics perdus à la présence du résumé IA. Une partie significative de l’attention et de l’intention de l’utilisateur est donc absorbée par la zone de réponse générée, qui se positionne au-dessus ou au cœur des résultats naturels.

Conséquence directe pour le netlinking : viser exclusivement la position 1 n’est plus une stratégie suffisante. Le « jackpot » du top 1 s’est réduit, et la valeur marginale d’un backlink utilisé uniquement pour monter de quelques places diminue. L’enjeu devient de multiplier les surfaces de présence : featured snippets, carrousels, panels d’experts, citations dans les AI Overviews, mentions dans des articles tiers mis en avant par les moteurs IA. Le backlink n’est plus seulement un levier de ranking, mais un amplificateur de visibilité multi‑canal.

2. Zero‑click, IA et nouvelle fonction du netlinking

La montée des requêtes « sans clic » accentue cette mutation. Une synthèse France-Strategies indique qu’en 2025, environ 60 % des requêtes génèrent une réponse sans clic : l’utilisateur trouve ce qu’il cherche directement dans la page de résultats ou l’interface IA. WhitePress note que, dans certains États américains, plus de 30 % des requêtes Google affichent déjà une réponse générée par IA, renforçant le phénomène de zero‑click search.

Dans ce contexte, la mission du netlinking ne peut plus être uniquement de générer du trafic SEO direct. Il doit aussi augmenter la probabilité que vos contenus soient cités dans les réponses IA, même si l’utilisateur ne clique pas immédiatement. Ces citations renforcent votre image d’expert, nourrissent votre notoriété de marque et peuvent déclencher des visites ultérieures, via d’autres requêtes ou d’autres canaux (marque, social, email, requêtes navigations).

Concrètement, un bon lien en 2025 est un lien qui contribue à la visibilité de votre contenu dans trois espaces : les SERP classiques, les modules IA (Overviews, panels, réponses directes) et les interfaces conversationnelles (ChatGPT, Perplexity, Gemini, etc.). Le netlinking devient un outil de « présence cognitive » : il aide les modèles à vous connaître, à vous citer, et in fine à orienter une partie du trafic résiduel cliquable vers vos pages.

3. ChatGPT & GSE : nouveaux canaux de recherche, nouveaux liens

Les chatbots avancés et GSE (Generative Search Engines) sont devenus de véritables canaux de recherche. WhitePress rapporte qu’en juin 2025, ChatGPT figure dans le top 5 des sites les plus visités au monde, avec environ 5,4 milliards de visites mensuelles et plus de 2,5 milliards de prompts par jour. Près de 330 millions de ces interactions quotidiennes proviennent des États-Unis, soit environ 912 milliards d’interactions par an.

Les travaux académiques sur les « Generative Engines » montrent que ces interfaces ne se contentent pas de synthétiser l’information : elles citent des sites comme références, parfois sous forme de liens cliquables, parfois comme simples mentions. Cela crée un nouveau vecteur de trafic de liens, distinct du classement dans les SERP traditionnelles. Votre objectif n’est donc plus uniquement d’apparaître en top 3 Google, mais d’être reconnu et mobilisé comme source par ces moteurs génératifs.

Adapter son netlinking à ces canaux implique de travailler sa visibilité dans les corpus que ces IA explorent. Cela passe par des backlinks bien positionnés sur des sites fréquemment consultés par les crawlers et les modèles (médias d’autorité, revues sectorielles, bases de connaissance, sites académiques), ainsi que par des contenus structurés et « citables » (données, définitions, études, guides complets). Chaque lien éditorial de qualité augmente la probabilité que votre marque et vos URL soient remontées dans les réponses conversationnelles.

4. Earned media, biais des moteurs IA et stratégie de liens

Une étude 2025 intitulée « Generative Engine Optimization: How to Dominate AI Search » met en lumière un biais clé : les moteurs de recherche IA comme Perplexity ou Gemini privilégient les contenus issus de médias tiers (earned media) au détriment des contenus strictement propriétaires ou sociaux d’une marque. Là où Google « classique » restait relativement équilibré entre sites de marque, blogs, réseaux sociaux et médias, les GSE favorisent davantage les sources éditoriales perçues comme neutres.

Pour le netlinking, cela change la hiérarchie des priorités. Obtenir un backlink dans une tribune d’expert publiée sur un grand média, une interview dans une revue spécialisée ou une étude citée dans un article de presse devient doublement stratégique. Non seulement ces liens transmettent de l’autorité SEO, mais ils augmentent aussi votre probabilité d’être choisi comme référence par les moteurs IA, qui vont naturellement proposer ces contenus « earned » comme sources.

Votre stratégie doit donc intégrer un volet PR SEO/IA : pitchs de tribunes, co‑rédaction d’études avec des organismes reconnus, participation à des baromètres sectoriels, contributions invitées sur des blogs d’autorité, etc. Chaque backlink gagné dans ces environnements agit comme un « booster de sélection IA ». À l’ère des réponses génératives, la qualité éditoriale et la légitimité perçue de la source qui vous cite peuvent compter autant que l’autorité brute de domaine.

5. De la quantité à la pertinence : netlinking sémantique à l’ère LLM

Déjà avant la vague IA, des études comme celle de Backlinko (11,8 millions de résultats analysés, citée par Accentonic) montraient qu’à autorité équivalente, un lien issu d’une page fortement liée au sujet permettait un gain moyen de plus de 10 positions. Avec les LLM et moteurs génératifs, cette logique sémantique est encore renforcée : les modèles évaluent la proximité globale des thématiques plus que des signaux de popularité isolés.

Des outils comme SEOClarity, Ahrefs ou Majestic intègrent désormais des scores de pertinence thématique et de toxicité. GDA souligne que ces indicateurs encouragent un netlinking plus qualitatif, centré sur la naturalité et l’alignement sémantique. Les schémas artificiels, les PBN généralistes ou les échanges de liens hors contexte perdent de leur efficacité et augmentent le risque d’être filtrés, tant par Google (via SPAMBrain) que par les moteurs IA, qui apprennent à ignorer les signaux non cohérents.

Pour rester cliquable, votre portefeuille de backlinks doit donc raconter une histoire cohérente aux algorithmes. Cela suppose de cibler des sites et pages dont le sujet est étroitement lié au vôtre, de travailler des ancres contextuelles (moins optimisées, plus naturelles) et de construire des clusters thématiques interconnectés. Cette homogénéité sémantique renforce votre statut de référence sur un sujet donné, ce qui augmente vos chances d’être agrégé et cité dans les réponses IA, même lorsque la concurrence est forte.

6. IA dans le netlinking : automatiser sans dégrader la valeur

Selon une enquête Editorial Link citée par GDA, 44 % des marketeurs utilisent déjà des outils d’IA pour leurs stratégies de link building : prospection, qualification de prospects, suggestion d’ancres, personnalisation des emails d’outreach, etc. L’étude Semji 2024 confirme cette adoption massive : 86 % des entreprises recourent à l’IA générative dans leurs activités marketing, et 65 % spécifiquement pour le SEO. 44 % citent le gain de productivité comme principal bénéfice.

Squid‑Impact montre qu’en 2025, dans le top 20 Google, 81,9 % des pages sont des contenus hybrides (IA + humain), 4,6 % sont 100 % IA et seulement 13,5 % 100 % humains. L’écosystème des pages qui reçoivent ou transmettent des backlinks est donc largement irrigué par des contenus générés avec l’aide de l’IA. Ce n’est pas en soi un problème, tant que la valeur pour l’utilisateur est réelle et que la cohérence thématique est respectée.

Le risque survient lorsque l’IA est utilisée pour industrialiser du spam de liens : génération de milliers de pages satellites pauvres, guest posts sans substance, commentaires automatisés, etc. Pour tirer le meilleur des outils sans tomber dans ces travers, il est pertinent de réserver l’IA aux tâches à faible valeur créative (recherche de prospects, tri, clustering thématique, pré‑brouillons d’email) et de confier la négociation, l’angle éditorial et la validation finale à des humains. Le netlinking reste une discipline relationnelle et stratégique, où l’originalité et l’expertise sont difficiles à automatiser.

7. Pages « IA‑compatibles » : structurer les cibles de liens pour la génération

Un backlink vers une page mal structurée génère de moins en moins de valeur. Accentonic propose une checklist de « page IA‑compatible » qui devient centrale pour le netlinking : Hn hiérarchisés (pour le passage ranking), données structurées de type FAQPage pour capter les réponses directes, images en WebP avec légendes explicites pour la multimodalité, TTFB < 200 ms pour les Core Web Vitals, et maillage interne contextuel pour renforcer l’entité‑sujet.

Les travaux récents sur le « Caption Injection » montrent que l’enrichissement des contenus avec des légendes descriptives d’images (injectées dans le texte) améliore la visibilité dans les moteurs de recherche génératifs multimodaux. Pour une stratégie de netlinking, cela signifie que les pages que vous poussez avec des backlinks doivent être pensées dès l’origine comme des supports optimaux pour les LLM : faciles à scanner, à segmenter et à citer sous forme d’extraits auto‑contenus.

Avant d’investir du temps et de l’argent pour obtenir un lien vers une page, posez-vous deux questions : 1) Cette page peut‑elle être reprise telle quelle dans un AI Overview ou une réponse de chatbot (définition claire, chiffres, encadré, FAQ, etc.) ? 2) Est‑elle techniquement propre et rapide, avec un balisage structuré ? Si la réponse est non, l’impact de vos backlinks sera limité. À l’ère IA, le lien ne fait plus tout : la capacité de la page cible à être « digérée » et réutilisée par les moteurs génératifs devient essentielle pour transformer l’autorité en clics réels.

8. Lutte anti‑spam, E‑E‑A‑T et naturalité des profils de liens

Google a confirmé que son système SPAMBrain, basé sur l’IA, détecte et filtre de plus en plus efficacement les schémas de netlinking artificiels et abusifs. Utilisé depuis 2022, ce système est continuellement entraîné pour repérer les réseaux de liens de faible qualité, les fermes de contenus et les backlinks achetés. Les lignes directrices de Google insistent parallèlement sur l’E‑E‑A‑T (Experience, Expertise, Authoritativeness, Trustworthiness).

L’IA n’est pas pénalisée en tant que telle, mais la production de contenus redondants, de faible valeur ou purement conçus pour manipuler le classement l’est. France-Strategies rappelle que cela inclut les fermes de liens alimentées par IA et les supports générés en masse sans vraie expertise. Pour rester « cliquable », votre netlinking doit donc être perçu comme naturel et aligné sur un contenu réellement utile, crédible et ancré dans l’expérience.

En pratique, cela se traduit par des profils de liens diversifiés (types de domaines, formats, ancres), des backlinks majoritairement éditoriaux (insérés dans le corps de contenus de valeur), et des signaux d’expertise visibles : auteurs identifiés, études originales, données chiffrées, cas clients détaillés. Les IA d’évaluation des moteurs cherchent à distinguer les signaux d’autorité authentique des manipulations de popularité. Un netlinking propre, adossé à des actifs de contenu solides, est la meilleure assurance pour convertir cette autorité en visibilité durable dans les réponses IA.

9. Clusters thématiques, G‑SEO et optimisation pour les réponses IA

Une étude 2025 (« When Content is Goliath and Algorithm is David ») montre que les moteurs génératifs privilégient des contenus très homogènes sémantiquement, provenant de sites dont les articles sont prévisibles pour le LLM et proches les uns des autres sur le plan thématique. Cela favorise les domaines qui ont construit des clusters de contenus profonds, bien maillés et cohérents. Pour le netlinking, l’enjeu est donc de relier ces clusters à un écosystème externe tout aussi aligné.

La démarche de G‑SEO (Generative Search Engine Optimization) va dans ce sens. La méthode « Role‑Augmented Intent‑Driven G‑SEO » propose de partir de l’intention de recherche et de différents « rôles informationnels » (expert, comparateur, vulgarisateur, analyste, etc.) pour ajuster les contenus de manière à gagner en visibilité dans les réponses IA. Les études sur les Generative Engines montrent que cette approche peut générer des gains mesurables en impressions et en présence dans les générations.

Pour votre netlinking, cela signifie deux choses. D’abord, vous devez concevoir des contenus « justifiables » : faciles à citer, avec des données chiffrées, des sources claires, des extraits auto‑contenus qui peuvent être repris tels quels dans une réponse IA. Ensuite, vous devez multiplier les preuves d’autorité dans des sites tiers (earned media et backlinks éditoriaux) et travailler la multimodalité (texte, images légendées, données structurées). Plus votre écosystème de liens reflète cette profondeur thématique et cette justifiabilité, plus les GSE seront enclins à vous intégrer dans leurs résumés, multipliant les occasions de clics, même si le volume de trafic SEO brut baisse.

Le netlinking à l’ère des réponses IA n’est ni mort ni marginalisé : il change de fonction. Les données de Digidop, France-Strategies et d’autres acteurs montrent une probable baisse de 15 à 25 % du trafic SEO pour de nombreux sites après le déploiement complet des AI Overviews, avec une stabilisation possible au bout de quelques mois pour ceux qui s’adaptent. La perte globale de trafic reste pour l’instant limitée (environ 2 %), mais la répartition des clics se transforme en profondeur.

Pour rester cliquable, il ne suffit plus de collectionner les backlinks ou de viser obstinément la position 1. Il faut penser « visibilité IA » : être cité, agrégé, recommandé dans les réponses génératives, tout en conservant des positions solides dans les SERP classiques. Cela passe par un netlinking plus éditorial, plus sémantique, plus ancré dans des contenus IA‑compatibles et dans des médias tiers crédibles. Les marques qui réussiront ce pivot feront du lien non plus un simple levier de positionnement, mais un véritable moteur de présence dans l’écosystème informationnel piloté par l’IA.

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