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Netlinking : la ruée vers les liens Discover, opportunité ou mirage

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En l’espace de quelques années, Google Discover est devenu la nouvelle manne de trafic pour de nombreux sites médias français. Fin 2024, il capte déjà jusqu’à 69,3 % des clics issus de Google vers la presse hexagonale, loin devant la recherche classique et Google Actualités. Dans ce contexte, une véritable ruée vers les « liens Discover » s’est enclenchée : agences de netlinking, packs Google News Premium, promesses de « visibilité massive »… tout semble indiquer que le salut passerait par l’achat de backlinks sur des sites estampillés Discover.

Mais derrière les chiffres impressionnants et les argumentaires commerciaux léchés, une question cruciale se pose : ces liens Discover constituent‑ils réellement une opportunité stratégique, ou ne sont‑ils qu’un mirage coûteux, nourri par la dépendance croissante des éditeurs à ce canal ? Entre promesses d’accès accéléré aux audiences et réalité des algorithmes de Google, il devient indispensable de démêler le signal du bruit pour ne pas sacrifier son budget SEO et son capital de marque sur l’autel d’une tendance mal comprise.

Discover, nouvelle porte d’entrée… et nouvelle addiction

En décembre 2024, une étude de l’APIG, citée par Le Monde, révèle l’ampleur de la bascule : sur 821 millions de clics en provenance de Google vers les médias français, 69,3 % proviennent de Discover, contre seulement 23 % pour la recherche classique et 7,7 % pour Google Actualités. Pour certains groupes, le phénomène est encore plus spectaculaire : Discover représente 30 % du trafic total de Franceinfo, près d’un tiers pour Le Monde, 40 à 45 % pour Groupe Actu et jusqu’à 50 % pour Uni‑Médias.

Cette montée en puissance s’explique en grande partie par le désengagement de Facebook sur l’info depuis 2023 et la fin d’Apple News en 2024. Or ces deux canaux étaient historiquement des piliers du trafic référent pour les éditeurs. Discover s’est donc imposé par défaut comme la « principale porte d’entrée » vers les contenus d’actualité, remplaçant progressivement les flux sociaux traditionnels dans le mix d’acquisition.

Mais cette dépendance a un revers : plusieurs acteurs interrogés par Le Monde parlent désormais d’« addiction » à Discover. Les changements d’algorithmes en 2025 ont provoqué des chutes de trafic brutales sur certains sites, rappelant que ce canal reste profondément volatil. Miser exclusivement sur Discover revient donc à placer une part démesurée de son audience entre les mains d’un système opaque, sans contrat ni garantie de diffusion.

La montée des packs de netlinking “Google News + Discover”

Dans ce contexte de ruée vers l’audience Discover, le marché du netlinking s’est rapidement adapté. Depuis 2024, puis surtout en 2025, les offres de backlinks “Google News + Discover” se multiplient. Des agences proposent des packs “Sites Google News Premium” en mettant en avant une série d’arguments : sites certifiés Google News, Trust Flow élevé, indexation rapide, et surtout trafic Discover massif censé « booster » la visibilité des sites ciblés.

Un exemple typique d’offre (décembre 2025) : 5 articles sponsorisés sur des sites Google News à forte autorité, assortis d’un « site Discover bonus » présenté comme générant un trafic massif et une visibilité maximale, le tout pour 1 000 € HT au lieu de 1 500 €. L’argumentaire laisse entendre que publier un article avec lien sortant sur un site qui performe bien sur Discover suffirait à capter une partie de ce flux, voire à favoriser l’apparition dans le flux Discover du site cible.

Pour appuyer ces promesses, certaines plateformes de netlinking affichent des captures d’écran Search Console de sites partenaires : 7,4 millions de clics Discover et 105 millions d’impressions en 3 mois pour l’un, 13,3 millions de clics et 177 millions d’impressions avec un CTR de 7,5 % pour un autre. Ces chiffres, impressionnants en apparence, servent surtout de vitrine commerciale : ils démontrent que les sites vendeurs profitent eux‑mêmes d’un fort trafic Discover, mais ne constituent en rien une preuve que le simple fait d’y acheter un lien déclenche une quelconque exposition Discover pour le site acheteur.

Backlinks et Discover : une promesse en décalage avec la réalité algorithmique

Pour juger de la pertinence de ces offres, il faut revenir à la position officielle de Google. Dans sa documentation, le moteur explique clairement que Discover sélectionne les contenus en fonction de signaux tels que les centres d’intérêt de l’utilisateur, la fraîcheur, la qualité éditoriale, la pertinence thématique et l’E‑E‑A‑T (Experience, Expertise, Authoritativeness, Trustworthiness). Google ne propose aucun mécanisme payant ni garantie de distribution, et ne mentionne nulle part une quelconque pondération spécifique des backlinks dans le déclenchement de Discover.

Dès lors, toute promesse de visibilité Discover garantie via achat de liens est intrinsèquement spéculative. Les backlinks peuvent certes participer à renforcer l’autorité globale d’un site (et donc, indirectement, sa capacité à être éligible à plus de visibilité, y compris dans Discover), mais il n’existe aucune corrélation démontrée entre l’achat de liens sur un “site Discover” et l’apparition des URL du site cible dans le flux Discover des utilisateurs.

Cette déconnexion entre le discours commercial et la réalité algorithmique est d’autant plus problématique que Discover, contrairement à la recherche classique, repose largement sur des signaux comportementaux et de personnalisation individuelle : taux de clic, satisfaction, pertinence par rapport à l’historique de navigation, etc. Des signaux qu’aucun pack de netlinking ne peut « acheter » directement. Les liens restent un levier structurel pour la visibilité globale, mais ils ne sont ni un raccourci ni un bouton ON/OFF pour Discover.

Les backlinks restent puissants… mais pas le centre de gravité de Discover

Les études récentes confirment que les backlinks conservent un poids significatif dans le référencement classique. En 2024, l’analyse de 1 113 sites positionnés dans le top 10 sur 200 requêtes commerciales montre que 96,3 % d’entre eux possèdent plus de 1 000 domaines référents uniques, et qu’aucun site du top 10 ne dispose de moins de 50 domaines référents. Par ailleurs, les pages avec au moins un backlink se classent 77 % plus souvent dans le top 10 que celles qui n’en ont aucun.

Les données SEMrush et Ahrefs indiquent également un effet de concentration : la page en 1re position a en moyenne 3,5 fois plus de domaines référents que la 2e, qui elle‑même en a 2,8 fois plus que la 3e. Les sites classés sur plus de 10 000 mots‑clés disposent en moyenne de 874 domaines référents, contre 178 pour ceux qui se positionnent sur 1 000 à 10 000 mots‑clés. Ces chiffres confirment le rôle crucial des backlinks pour la visibilité Search, malgré la communication de Google sur la baisse relative de leur importance.

Mais cette importance ne doit pas être extrapolée telle quelle à Discover. Une analyse 2023‑2024 montre que la corrélation entre nombre de domaines référents et visibilité SEO générale est passée de 0,81 à 0,62, suggérant un rééquilibrage en faveur d’autres signaux (contenu, expérience, comportement utilisateur). Discover, quant à lui, progresse dans le mix d’acquisition global (Chartbeat indique une hausse de 22,8 % à 25,7 % de sa part en 2024), mais il reste un canal volatil, fortement influencé par l’engagement et la pertinence contextuelle. Autrement dit, les liens demeurent essentiels pour le socle SEO, mais l’algorithme Discover ne se laisse pas acheter par quelques backlinks de plus, même sur des sites très fréquentés.

La “tiktokisation” de Discover : un défi pour le netlinking éditorial

Les éditeurs observent en 2025 une transformation profonde de Discover : montée en puissance des formats courts, visuels et émotionnels, intégration accrue de vidéos type Shorts ou Reels, davantage de contenus “snackables” pensés pour la consommation rapide sur mobile. Le Monde parle même de “tiktokisation” du flux, tant l’expérience utilisateur se rapproche de celle des réseaux sociaux de type TikTok ou Instagram.

Cette évolution a une conséquence directe sur la stratégie SEO : un article de fond, même publié sur un média à forte autorité et doté de nombreux backlinks, ne suffit plus à lui seul à performer dans Discover. Les signaux comportementaux (taux de clic sur la vignette, temps de consultation, interaction avec la vidéo, satisfaction perçue) prennent un poids décisif. Or ces signaux sont difficilement manipulables via des logiques de netlinking classique, qui agissent principalement sur l’autorité et la popularité perçues par Google Search.

En misant uniquement sur des liens éditoriaux dans des articles longs, les packs “Discover” passent ainsi largement à côté de la réalité produit de Discover en 2025. Le canal favorise de plus en plus des contenus hybrides (texte + visuel + vidéo) et un storytelling très orienté utilisateur. Sans travail sur le format, le titre, la miniature, la structuration du contenu et l’optimisation mobile, même les meilleurs backlinks ne suffiront pas à déclencher un flux Discover significatif.

Autorité éditoriale : levier structurel, pas passeport Discover

Face à ces limites, le marché du netlinking a commencé à repositionner son discours autour de l’« autorité éditoriale ». En 2025, de nombreuses offres mettent en avant des backlinks contextuels sur des médias premium (DA 50+ comme Doctissimo, Grazia, Les Numériques, etc.), présentés comme la nouvelle « monnaie » du SEO. Une étude Ahrefs 2024, fréquemment citée, indique que les liens issus de sites à forte autorité augmenteraient la visibilité SEO d’un site de 4,6 fois en moyenne.

Les données de Ranktracker confirment l’effet multiplicateur des liens haute autorité : les backlinks provenant de domaines DR 70+ auraient un impact 5,2 fois supérieur sur le classement que ceux issus de sites DR ≤30, et un seul lien DR 80+ pourrait « valoir » 10 à 20 liens de sites DR 30‑40. De plus, la pertinence thématique joue un rôle majeur : les backlinks provenant de sites du même créneau auraient une valeur 2,7 fois supérieure à ceux issus de sites sans lien thématique direct.

Ces éléments montrent que les liens éditoriaux sur des médias premium restent un excellent investissement pour la recherche classique, la consolidation de l’E‑E‑A‑T et la notoriété globale de marque. Mais ils ne doivent pas être confondus avec un passeport Discover. L’autorité éditoriale renforce votre écosystème SEO, elle améliore vos chances d’être jugé digne de confiance par Google… sans qu’aucune étude sérieuse ne démontre un « boost Discover » spécifique lié à ce seul paramètre.

Payer pour des liens Discover : ROI incertain et risques bien réels

Au‑delà de la question de l’efficacité, se pose celle du retour sur investissement. Une étude relayée par Ahrefs via Authority Hacker indique que 74,3 % des link builders déclarent payer pour des liens, pour un coût moyen d’environ 83 $ par backlink, avec un gain moyen de seulement 2 liens supplémentaires par mois grâce à ce paiement. Ce rapport coût/bénéfice, déjà discutable en SEO classique, devient encore plus fragile lorsque l’objectif principal est d’apparaître dans Discover.

En effet, investir plusieurs centaines voire milliers d’euros dans des liens “Discover-friendly” revient à miser sur un effet non démontré, dans un canal notoirement instable. Pire : le recours massif à des réseaux de sites « Discover » construits pour vendre des liens peut exposer votre domaine à un profil de backlinks artificiel, avec ancres suroptimisées et empreintes de spam évidentes. Selon Ranktracker, environ 23 % des sites web sont affectés par des backlinks toxiques, et un score de spam élevé est corrélé à une baisse d’environ 15 % de la visibilité organique s’il n’est pas traité.

Autrement dit, la promesse de gain Discover peut se transformer en double peine : absence de résultats tangibles sur Discover, et détérioration du référencement naturel classique. À l’heure où Google répète avoir réduit l’importance des liens dans son algorithme, mais où les sites du top 10 conservent un profil de liens très fourni, le véritable enjeu n’est pas de multiplier aveuglément les backlinks payants, mais de construire un profil propre, diversifié et thématiquement pertinent.

Comment intégrer Discover dans une stratégie SEO durable

Plutôt que de chercher des raccourcis via des packs “Discover”, il est plus pertinent d’intégrer ce canal dans une stratégie globale et durable. D’abord, en consolidant le socle SEO : contenus de qualité, maillage interne, performance technique, optimisation mobile, données structurées, et bien sûr netlinking raisonné et pertinent. Les backlinks de haute autorité, choisis pour leur cohérence éditoriale, restent l’un des meilleurs moyens de renforcer votre E‑E‑A‑T et vos positions dans la recherche classique.

Ensuite, il s’agit de travailler spécifiquement pour Discover : formats visuels, titres accrocheurs mais honnêtes, images et miniatures optimisées, intégration de vidéo quand cela a du sens, traitement anglé et différenciant de l’actualité, exploitation des signaux comportementaux (tests A/B, suivi du CTR, analyse du temps de lecture). Discover récompense les contenus capables de capter l’attention d’un utilisateur donné dans un contexte donné : il impose donc une logique produit et éditoriale, pas seulement SEO.

Enfin, il est crucial de diversifier ses sources d’audience pour réduire la dépendance à Discover : newsletter, trafic direct via la marque, SEO classique sur des requêtes evergreen, réseaux sociaux (même en déclin), partenariats éditoriaux, apps mobiles, etc. Décupler ses efforts de netlinking uniquement pour « sécuriser » Discover revient à reconstruire, avec Google, la même relation de dépendance qui a longtemps lié les éditeurs à Facebook. Une stratégie à court terme, rarement gagnante.

La ruée vers les liens Discover révèle autant l’attractivité du canal que la fragilité du modèle de trafic des éditeurs en 2025. Avec jusqu’à 69,3 % des clics Google vers la presse française qui transitent par Discover, la tentation est immense de croire aux promesses de raccourcis vendus par certains acteurs du netlinking. Pourtant, ni les chiffres d’audience mis en avant, ni la documentation de Google, ni les études sur les backlinks ne valident l’idée qu’un lien acheté sur un site performant dans Discover suffirait à déclencher l’exposition Discover pour un autre domaine.

Plutôt que de considérer les « liens Discover » comme une nouvelle martingale, il est plus judicieux de les replacer dans une approche rationnelle : les backlinks restent un levier puissant pour la recherche classique et l’autorité éditoriale, à condition d’être qualitatifs, thématiquement pertinents et intégrés à une stratégie de contenu solide. Discover, lui, doit être abordé comme un canal d’opportunité mais volage, qui récompense l’engagement, la pertinence et l’expérience utilisateur bien plus que la simple accumulation de liens. En d’autres termes : misons sur un netlinking intelligent pour consolider le socle SEO, et sur l’innovation éditoriale pour apprivoiser Discover, plutôt que sur des mirages coûteux qui promettent l’inverse.

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