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Agence web : optimiser pour la recherche visuelle

La recherche visuelle n’est plus un gadget : elle devient une porte d’entrée majeure vers les sites e-commerce, les contenus inspirationnels et les services locaux. Pour une agence web, “optimiser pour la recherche visuelle” revient à traiter l’image comme un actif SEO à part entière, avec des impacts directs sur l’acquisition, le taux de conversion et la confiance.

Les signaux récents sont clairs : Google Lens atteindrait près de 20 milliards de recherches visuelles par mois (oct. 2024 → 2026) et Google confirme que les requêtes Lens figurent parmi les plus dynamiques, notamment chez les 18, 24 ans. En parallèle, Pinterest s’impose comme moteur de recherche visuel : une stratégie solide doit donc couvrir Google (Images/Lens) et Pinterest, avec des choix techniques, éditoriaux et data cohérents.

1) Comprendre l’enjeu business : “voir → acheter/agir”

La recherche visuelle capte une intention différente du texte : l’utilisateur ne “décrit” pas, il montre. Sur mobile, le parcours est souvent immédiat : identifier un produit, trouver une alternative, comparer un prix, localiser une boutique ou enregistrer une idée. Pour une agence web, cela impose de rapprocher SEO, UX et merchandising.

Google Lens, avec un volume annoncé proche de 20 milliards de recherches visuelles mensuelles, représente un flux considérable. L’objectif n’est pas seulement d’être “visible” : il faut apparaître au bon moment avec une page exploitable (produit, catégorie, guide) qui répond à l’intention “voir → acheter/agir”.

Google a également indiqué (oct. 2024) que Lens est l’un des types de requêtes à la croissance la plus rapide, avec une forte adoption chez les 18, 24 ans. Concrètement, une agence web doit privilégier une approche mobile-first (performance, lisibilité, vitesse, interactions) et prévoir des contenus orientés décision (prix, stock, variantes, preuves sociales, livraison, retours).

2) Images “crawlables” et performantes : la base technique Google Images/Lens

L’optimisation visuelle commence par la qualité et l’accessibilité. Google recommande des images nettes (“sharp/high-quality”) et l’usage de techniques d’images responsives pour concilier qualité et vitesse. Cela implique un pipeline clair : redimensionnements, compression, chargement adaptatif (srcset/sizes) et contrôle des poids.

Côté formats, Google Images supporte notamment BMP, GIF, JPEG, PNG, WebP, SVG et AVIF. En pratique, une agence peut viser WebP/AVIF comme formats principaux (selon compatibilité), tout en gardant des fallbacks (JPEG/PNG) et une convention d’extension cohérente. L’enjeu : maximiser la qualité perçue tout en minimisant les octets.

Il faut aussi sécuriser l’indexabilité : URLs d’images stables, CDN correctement configuré, absence de blocage robots.txt sur les répertoires d’assets, en-têtes HTTP cohérents et pas de “lazy loading” cassant le rendu. Une bonne pratique d’agence consiste à auditer régulièrement : couverture d’indexation, erreurs 404 d’images, variations de paramètres d’URL et duplications (mêmes visuels sous multiples URLs).

3) E-commerce : Google Merchant Center et “merchant listings” dans Images/Lens

Pour capter du trafic transactionnel depuis Google Images et Google Lens, la qualité des données produits et des visuels est déterminante. Google Search Central indique que les “merchant listing experiences” peuvent apparaître dans Google Images et Lens : une agence web doit donc traiter Product structured data, offres, prix et stock comme des leviers de visibilité visuelle.

Dans Merchant Center, l’attribut image_link doit pointer vers une image explorable (crawlable), accessible et non bloquée. Google précise aussi des contraintes fortes : pas de watermark, pas de texte promotionnel, pas de placeholder, et ne pas “upscaler”. Une agence doit instaurer une QA image (checklist studio) et des règles côté DAM/CDN pour prévenir les dérives (bannières, overlays, recadrages destructifs).

Merchant Center accepte notamment JPEG, WebP, PNG, GIF non animé, BMP et TIFF. Au-delà du format, l’important est la cohérence : cadrage produit, fond, déclinaisons (couleurs), images d’usage. Enfin, côté pilotage, Google Search Central met en avant des rapports Search Console dédiés Merchant listings vs Product snippets : une agence doit instrumenter le monitoring (erreurs, coverage, drops de visibilité) et relier ces données aux KPIs business.

4) Métadonnées, droits et confiance : licences et transparence IA

La recherche visuelle se nourrit aussi de signaux de confiance et de gouvernance. Google Images propose des métadonnées de licence via données structurées ImageObject : contentUrl est requis, et il faut au moins creator ou creditText ou copyrightNotice ou license, avec acquireLicensePage recommandé. Pour une agence, cela devient un chantier “droits & conformité” (qui possède quoi, où acheter une licence, quelles pages sources).

Le sujet se renforce avec l’IA générative. Merchant Center (documentation officielle) indique que toutes les images créées via IA générative doivent contenir des métadonnées, notamment IPTC DigitalSourceTypeTrainedAlgorithmicMedia, et recommande de ne pas retirer les tags intégrés. Des rappels presse vont dans le même sens : ne pas supprimer des marqueurs comme trainedAlgorithmicMedia.

Or, beaucoup de pipelines (CMS, plugins d’optimisation, CDN) “strippent” par défaut les métadonnées IPTC/XMP pour gagner du poids. Une agence web doit donc auditer la chaîne de publication et établir une politique : quels champs conserver, comment préserver (ou signer) la provenance (IPTC/C2PA), et comment arbitrer entre performance et conformité. Le bénéfice est double : éviter des refus/limitations de diffusion et renforcer la confiance (ex. “About this image” où Google exploite des vocabulaires IPTC étendus depuis oct. 2024).

5) Pinterest : un pilier de la recherche visuelle (pas seulement Google)

Réduire la recherche visuelle à Google serait une erreur. Des études relayées en 2025 (notamment Adobe) indiquent que 36% des consommateurs démarrent leurs recherches sur Pinterest (39% chez la Gen Z). Par ailleurs, 39% des consommateurs utilisent Pinterest comme moteur de recherche, ce qui positionne la plateforme comme un canal d’intention, pas seulement un réseau social.

Pour une agence, cela implique de traiter Pinterest SEO comme un volet à part entière : optimisation des Pins, des boards, des descriptions, des catégories, des liens sortants, et surtout de la direction artistique. L’objectif est de capter les usages “inspiration → sélection → achat” via des contenus utiles : moodboards, guides visuels, collections, avant/après, checklists illustrées.

Les signaux d’engagement sont également favorables : 80% des entreprises interrogées (2025) déclarent que Pinterest génère plus d’engagement que d’autres plateformes de recherche. Une agence doit donc définir les bons KPIs : enregistrements (saves), clics sortants, conversions assistées (attribution), progression du trafic qualifié et performance par catégorie/format.

6) Pinterest Lens et indexation : optimiser les visuels pour la découverte

La recherche visuelle sur Pinterest s’appuie sur Pinterest Lens et des mécanismes de visual search intégrés. La plateforme communique sur plus de 600 millions de recherches visuelles par mois (Lens + extension + visual search dans les Pins), avec une croissance annoncée à +140% year over year au moment de l’annonce. Pour une agence web, c’est un signal : l’habitude “scanner une image pour trouver” est désormais installée.

L’optimisation passe d’abord par la lisibilité visuelle : sujets clairs, contraste suffisant, cadrage explicite, et cohérence série par série. Ensuite viennent les métadonnées : titres, descriptions, mots-clés contextuels, catégories, et URL de destination alignée (page produit ou guide) pour éviter la friction. L’agence peut aussi structurer des collections thématiques et des boards qui reflètent les intentions (styles, occasions, budgets, matériaux, routines).

Enfin, les formats comptent. Une approche “production” (templates, variantes, tests A/B créatifs, déclinaisons saisonnières) permet de scaler. Le travail d’agence consiste à industrialiser sans uniformiser : conserver un système de design, tout en adaptant les visuels aux catégories et audiences.

7) Audience, créa et planning : exploiter Pinterest Predicts et les évolutions démographiques

La recherche visuelle est aussi un sujet de planning éditorial. Pinterest Predicts 2026 (publié en déc. 2025) s’appuie sur des données de recherche (sep. 2024 → août 2025) : une agence peut l’exploiter pour bâtir des calendriers de contenus visuels, anticiper les tendances et préparer des campagnes (shootings, landing pages, collections).

Les profils d’audience évoluent également. En août 2025, Pinterest indique que les hommes représentent environ un tiers des 570 millions d’utilisateurs actifs mensuels, en croissance. Une agence web doit en tenir compte dans la direction artistique (codes visuels, thématiques) et dans l’architecture de contenu (catégories comme mode, skincare, parenting, déco, sport, etc.), sans stéréotyper mais en diversifiant les angles.

Le pilotage doit relier ces signaux au business : quelles tendances génèrent des enregistrements puis des clics, quels boards poussent des ajouts au panier, quels formats convertissent. L’agence peut mettre en place une boucle “insights → production → distribution → mesure” pour transformer un flux inspirationnel en acquisition rentable.

8) Choix techniques et POC : API de recherche visuelle, risques et opportunités

Au-delà du SEO, certaines entreprises veulent des fonctionnalités de recherche visuelle sur leur site (reconnaissance d’objets, suggestions de produits similaires, OCR). Historiquement, des solutions comme Bing Visual Search API ont fourni des réponses JSON utiles : “similar images”, “similar products”, “shopping sources”, “text recognition”. Pour une agence, c’est une base intéressante pour des POC e-commerce (matching produit, recommandations visuelles, extraction de texte sur packaging).

Mais les choix techniques doivent intégrer les annonces de cycle de vie : Microsoft a indiqué la fin/retrait des Bing Search & Bing Custom Search APIs au 11 août 2025, et la page Visual Search API mentionne l’avis de retraite. Une agence doit donc sécuriser la roadmap : dépendances, alternatives, coûts de migration, clauses contractuelles, et éviter d’architecturer un produit critique sur une API en fin de vie.

La recommandation opérationnelle : cadrer les POC avec une stratégie de sortie (exit plan), isoler l’intégration via un service interne (abstraction), journaliser la qualité des résultats, et prévoir des fallback (recherche textuelle, filtres catalogue, tagging). L’enjeu est de transformer l’innovation “wow” en fonctionnalité durable et mesurable.

Optimiser pour la recherche visuelle, pour une agence web, revient à connecter trois mondes : la performance technique des images, la qualité des données produits (et leur conformité), et une stratégie éditoriale orientée intention. Les chiffres récents (Lens à une échelle massive, Pinterest comme moteur de recherche) confirment que l’image n’est plus un simple support, mais une interface de recherche.

Les prochaines étapes concrètes consistent à auditer l’existant (indexabilité et qualité des images, Merchant Center, structured data, conservation des métadonnées IA), à industrialiser un pipeline de production (formats WebP/AVIF + responsive + QA), puis à déployer une présence Pinterest pensée “search”. Le gain attendu : capter un flux croissant d’utilisateurs qui préfèrent montrer plutôt que taper, et convertir plus vite grâce à des pages réellement prêtes pour l’achat.

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