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Netlinking : s’adapter aux AI Overviews de Google

Les AI Overviews de Google sont en train de rebattre totalement les cartes du SEO… et en particulier du netlinking. D’abord expérimentées sous le nom de Search Generative Experience lors de Google I/O 2023, elles apparaissent désormais dans plus de la moitié des résultats de recherche fin 2025, avec des études qui parlent de 50 à 55 % des requêtes concernées. Résultat : les liens organiques classiques sont relégués sous une couche de réponse générée par l’IA, et les stratégies d’acquisition de trafic via backlinks sont directement impactées.

Pour les référenceurs, les éditeurs et les marques, ignorer ce basculement serait une erreur stratégique majeure. Les AI Overviews ne tuent pas le netlinking : elles en changent la valeur, les objectifs et les tactiques gagnantes. Il ne s’agit plus seulement d’obtenir des liens pour grimper dans les SERP, mais de construire un profil de liens capable d’alimenter cette couche IA, de gagner des citations visibles (même sans clic) et de préserver un maximum de trafic dans un paysage où les recherches zero‑click explosent.

1. AI Overviews : la nouvelle couche qui écrase le CTR organique

Les données récentes sont sans appel : lorsqu’une AI Overview est présente, le taux de clic sur les résultats organiques s’effondre. Une étude Ahrefs menée sur 300 000 mots‑clés montre ainsi une baisse moyenne de 34,5 % du CTR de la page n°1 dès qu’un résumé IA s’affiche. MarketingCharts confirme la tendance sur les requêtes informationnelles : la position 1 est passée de 5,6 % de CTR en mars 2024 à 3,1 % en mars 2025 en présence d’une Overview.

Sur le comportement réel des utilisateurs, Pew Research relève que ceux‑ci ne cliquent plus sur des liens classiques que dans 8 % des visites impliquant un résumé IA, contre 15 % lorsqu’il n’y a pas d’Overview. En parallèle, Advanced Web Ranking observe qu’une fois l’Overview déployée, le premier résultat organique descend en moyenne à 1 674 px, bien en dessous de la ligne de flottaison : même un site très linké et bien classé perd une grande partie de sa visibilité directe.

Pour le netlinking, cela signifie que le « rôle » des backlinks se déplace : ils servent toujours à se positionner, mais ce positionnement n’offre plus les mêmes volumes de clics qu’avant. Le jeu ne se limite plus à ranker dans le top 3, il faut aussi devenir une source privilégiée de la couche IA, puisque c’est désormais elle qui concentre l’attention et capte la majorité des interactions.

2. Zero‑click et chute de trafic : pourquoi le netlinking de trafic s’essouffle

Avant l’arrivée massive des IA génératives dans la recherche, les requêtes zero‑click restaient une minorité relative : environ 25,6 % sur desktop et 17,3 % sur mobile. Depuis le déploiement des AI Overviews et autres outils intégrés, ces proportions auraient « plus que doublé » en 2025 selon plusieurs études, érodant mécaniquement le trafic organique issu des backlinks, même lorsqu’ils sont positionnés sur des mots‑clés stratégiques.

Une étude indépendante évoque une chute de 20 à 40 % des clics pour certains sites après l’arrivée des Overviews, là où les SERP restaient auparavant très cliquées. Ce phénomène touche en priorité les requêtes informationnelles, là où Google peut synthétiser aisément une réponse. Les backlinks qui servaient à drainer un flux stable de visiteurs via ces requêtes perdent donc une part importante de leur rendement.

Conséquence : considérer le netlinking uniquement comme un levier d’acquisition de trafic direct via Google devient insuffisant. Le zéro‑clic devient l’ennemi n°1 du netlinking « de trafic », et oblige à revoir ses objectifs. Un lien doit désormais être pensé comme : un booster d’autorité pour le ranking classique, un signal de confiance pour l’IA, et un point d’accès à une citation dans l’Overview, même lorsque le clic ne suit pas.

3. Un impact massif sur les éditeurs : quand les AI Overviews coupent le robinet

Les premiers cas d’étude chez les grands éditeurs illustrent l’ampleur du choc. MailOnline (Daily Mail) a observé par exemple un CTR desktop passant de 25,23 % à 2,79 % dès qu’une AI Overview se place au‑dessus de son lien, soit une chute de 89 %, avec une baisse similaire sur mobile (‑87 %). D’autres groupes médias britanniques rapportent des baisses de 48 à 56 % du taux de clic sur certaines verticales fortement informationnelles.

Dans l’univers de l’éducation et des devoirs, le cas Chegg est emblématique. Entre janvier 2024 et janvier 2025, la plateforme annonce une baisse de 49 % de son trafic non‑abonné, qu’elle attribue directement aux réponses offertes par les AI Overviews sur les requêtes d’aide aux études. Chegg est même allé jusqu’à engager une action en justice contre Google, arguant que ces résumés détournent la valeur créée par ses contenus.

Pour les éditeurs, la question n’est donc plus seulement « comment obtenir des liens pour mieux ranker », mais « comment rester visible et identifiable quand Google délivre la réponse au-dessus de nos pages ». Le netlinking doit intégrer cette dimension : gagner une citation clairement associée à la marque dans l’Overview, maximiser la reconnaissance de l’éditeur et préserver les requêtes à forte valeur (abonnement, lead, brandé) qui restent cliquées.

4. Les AI Overviews consomment le top 10 : pourquoi le netlinking reste un socle stratégique

Malgré l’explosion du zero‑clic, les données montrent que le SEO « classique » reste la porte d’entrée principale vers les AI Overviews. Environ 76 % des citations présentes dans ces résumés proviennent de pages déjà classées dans le top 10 de Google. Citation Labs observe même qu’environ 84 % des liens intégrés dans une Overview pointent vers au moins un domaine situé dans ce top 10, et que la première position organique est incluse dans plus d’un cas sur deux.

Cela signifie que l’IA de Google continue de s’appuyer très fortement sur la hiérarchie des résultats organiques, elle‑même influencée par les backlinks. Le netlinking demeure donc un prérequis de visibilité : sans profil de liens solide, difficile de se maintenir dans ce top 10 et, par ricochet, d’entrer dans les sources aspirées par l’Overview. RhinoRank va jusqu’à qualifier le link building de « #1 ranking factor for AI », montrant que se faire citer dans une Overview peut valoir autant qu’une première place classique sur certains sujets.

Pour autant, tout n’est pas verrouillé au profit des géants. Une autre étude souligne que 33,4 % des requêtes avec Overview reprennent effectivement le top 10, mais que 46,5 % des liens utilisés viennent de sites hors top 10, ouvrant une fenêtre intéressante pour les sites de niche. Des contenus très spécialisés, avec un netlinking propre et éditorial, peuvent donc se frayer un chemin dans les Overviews, même s’ils ne dominent pas encore totalement les SERP.

5. Qualité des backlinks, autorité de domaine et signaux de confiance pour l’IA

Les chiffres récents convergent sur une idée : la qualité des liens compte plus que jamais. En 2025, 88 % des pages très bien classées bénéficient de backlinks en provenance d’au moins 20 domaines différents, et 65 % des marketeurs déclarent privilégier la qualité à la quantité. Les pages avec des backlinks de forte autorité apparaissent 57 % plus souvent dans les AI Overviews que celles dont le profil de liens est faible ou artificiel.

Les backlinks ne servent pas uniquement à propulser une page dans les SERP : ils agissent aussi comme un proxy de confiance pour les systèmes IA. OutreachMonks constate que les pages citées par les Overviews sont majoritairement des contenus disposant d’une forte autorité, avec de nombreux backlinks éditoriaux authentiques. Shrushti rappelle que Google confirme toujours l’usage des backlinks comme facteur clé de ranking, mais aussi comme indicateur de fiabilité pour l’IA, notamment dans les domaines sensibles.

Un autre effet souvent sous‑estimé concerne la vitesse d’indexation et de mise à jour. Les pages dotées d’un profil de liens solide seraient indexées environ 2,4 fois plus rapidement que les autres, ce qui favorise l’intégration des nouveaux contenus, données ou études dans les réponses IA. Pour être dans la prochaine Overview, il ne suffit pas de publier ; il faut que Google découvre, comprenne et valorise le contenu à temps, et les backlinks restent l’un des meilleurs accélérateurs de ce processus.

6. Quelles pages méritent vos liens en priorité pour nourrir les Overviews ?

Si le netlinking classique visait souvent des pages « money » (produits, services, landing pages commerciales), l’ère des AI Overviews déplace le centre de gravité vers des contenus capables d’être directement cités par l’IA. Backlinko souligne que les Overviews favorisent particulièrement : les contenus qui répondent clairement à une question (définitions, listes pas à pas, tableaux comparatifs), les pages proposant des données originales (statistiques, benchmarks, grilles de prix structurées), les contenus UGC (avis, retours d’expérience, forums) et les formats mixtes (articles, vidéos YouTube, posts de forums type Reddit).

Dans ce contexte, vos campagnes de netlinking devraient cibler en priorité ces « pages réponse » : guides structurés, fiches pratiques, études originales, FAQ approfondies. Un seul bon lien vers une page de données propriétaires peut suffire à la rendre fréquente dans les Overviews sur une large famille de requêtes. L’objectif n’est plus seulement de pousser un mot‑clé transactionnel, mais de transformer certaines de vos pages en références thématiques que l’IA viendra citer en boucle.

Cela n’exclut pas le maillage interne vers les pages business : au contraire, il faut relier ces pages « answer » à vos contenus transactionnels de manière fluide, pour convertir le peu de trafic restant et capitaliser sur la notoriété générée. L’IA reprendra surtout la page la plus informative ; à vous de faire en sorte qu’elle soit également le pivot d’un maillage interne intelligent, qui capte la valeur SEO et business de ces citations.

7. Fin du guest posting de masse : vers un netlinking éditorial et “AI‑friendly”

Les tactiques de netlinking purement « SEO » montrent leurs limites dans ce nouveau paysage. LinkWatcher observe ainsi que le taux de réponse aux campagnes d’outreach de masse est tombé sous les 2 %, signe d’une saturation des boîtes mail des éditeurs. Surtout, les AI Overviews référencent très rarement les guest posts génériques visant uniquement le SEO : l’IA préfère s’appuyer sur des sources primaires, des études et des contenus éditoriaux perçus comme authentiques.

Cette évolution s’inscrit aussi dans la politique de Google, qui dévalorise depuis plusieurs années les liens issus de guest posting abusif. Ces liens continuent parfois d’aider à court terme sur certains mots‑clés, mais leur impact sur la probabilité d’être cités par l’IA est faible. En d’autres termes, ils améliorent moins la perception de confiance et de légitimité nécessaire pour figurer parmi les sources d’un résumé génératif.

Les stratégies gagnantes se recentrent donc sur : les liens éditoriaux (mentions dans des articles de fond, études, rapports, interviews), les partenariats de contenu (co‑création de ressources, benchmarks sectoriels), et la production de données ou d’analyses originales qui méritent naturellement d’être citées. Le netlinking doit s’aligner sur la logique de l’IA : privilégier les sources d’autorité, les signaux E‑E‑A‑T forts et la valeur informationnelle réelle plutôt que le volume brut de domaines référents.

8. Maillage interne, données structurées et GEO : guider l’IA plutôt que la subir

Entrer dans les Overviews ne dépend pas uniquement des backlinks externes. Citation Labs recommande un combo gagnant : données structurées (schema.org, FAQPage, HowTo…), FAQ classiques et « FUQ » (Frequently Unasked Questions, questions que les utilisateurs ne posent pas encore mais auxquelles vous répondez), maillage interne orienté vers les pages « réponse » clés, et netlinking éditorial ciblé. Sur leurs tests, cette approche permettrait d’augmenter l’inclusion dans les Overviews à 60‑67 % sur certains groupes de requêtes.

Ce type de démarche s’inscrit dans une nouvelle discipline : la Generative Engine Optimization (GEO), extension naturelle du SEO pour les moteurs de recherche génératifs (AI Overviews, chatbots, assistants). L’objectif n’est plus seulement de bien se positionner, mais d’être cité, correctement résumé et associé à des messages de marque cohérents dans les réponses IA. Wix, par exemple, a lancé un outil « AI Visibility Overview » pour suivre les citations d’un site dans les contenus IA, monitorer la perception de marque et ajuster la stratégie.

Concrètement, cela implique de restructurer une partie de vos contenus pour les rendre plus « IA‑digestibles » : sections très claires, titres interrogatifs, tableaux, définitions synthétiques, lisibilité mobile, schémas. Le maillage interne doit signaler explicitement quelles pages apportent les réponses centrales sur un sujet. Les backlinks, eux, viennent renforcer ces signaux et positionner ces pages comme des hubs d’autorité, autant pour l’algorithme de ranking que pour la couche IA qui vient s’y alimenter.

9. Réputation, risques et opportunité de visibilité sans clic

Les AI Overviews ne sont pas seulement un enjeu de trafic, mais aussi de réputation. Plusieurs polémiques ont éclaté autour de réponses médicales dangereuses ou erronées : conseils nutritionnels contraires aux recommandations officielles, informations fausses sur le dépistage du cancer, etc. Pour limiter ces dérives, Google tend à privilégier des sites perçus comme particulièrement fiables, avec une forte autorité, un netlinking propre et de solides signaux E‑E‑A‑T. Les backlinks éditoriaux de qualité deviennent donc un filtre critique pour apparaître dans des domaines sensibles.

Dans le même temps, Google a annoncé que le mode IA / AI Overviews afficherait davantage de liens sources, accompagnés de snippets expliquant leur pertinence, sous la pression croissante des régulateurs et des éditeurs. Même si de nombreux acteurs comme Penske Media ou Chegg contestent l’impact de ces fonctionnalités sur leurs revenus, Google affirme que les Overviews augmentent l’usage global de la recherche et continuent de générer « des milliards de clics quotidiens ».

Enfin, il faut accepter que le netlinking produise désormais une part croissante de « visibilité sans clic ». OutreachMonks souligne qu’être cité dans l’Overview, même sans générer beaucoup de visites directes, nourrit la notoriété de marque et les recherches ultérieures (trafic direct, social, branded search). Citation Labs rapporte qu’une page test n’a reçu que 25 clics via Overview contre 200 000 via le SEO classique… mais que la répétition de sa présence dans l’IA renforçait clairement son autorité perçue et sa reconnaissance dans le secteur.

Entre 2024 et 2026, le netlinking doit donc se réinventer pour rester un levier central dans un paysage dominé par les AI Overviews. Les données convergent sur trois axes : d’abord, les Overviews réduisent drastiquement les clics, mais augmentent la valeur d’une citation source, qui devient un actif de notoriété autant qu’un vecteur de trafic. Ensuite, la majorité des sources citées sont des pages déjà bien classées et soutenues par un profil de liens fort, éditorial et diversifié. Enfin, les tactiques de netlinking à faible valeur (guest posts de masse, liens artificiels) sont peu ou pas reprises par l’IA, alors que les études originales, données propriétaires et contenus experts fortement linkés sont sur‑représentés.

Pour adapter votre stratégie, il faut accepter une nouvelle équation : moins de clics faciles, mais une prime accrue à l’autorité réelle. Concentrez vos efforts sur la création de « pages réponse » de référence, l’obtention de backlinks éditoriaux de haute qualité, l’optimisation de votre maillage interne et l’adoption d’une approche GEO pour être compris, cité et valorisé par la couche IA de Google. Le netlinking ne disparaît pas : il passe du statut de simple levier de ranking à celui de socle de confiance, indispensable pour exister dans les AI Overviews et continuer à faire grandir votre marque à l’ère des moteurs génératifs.

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